Violences faites aux femmes : « la mobilisation doit être générale »

panneau hommage à Olympe de gouge dans un parc

La ©ville d’Arès rendait hommage aux femmes victimes de violences dans son Square des Grands Principes Républicains

Ce mardi 25 novembre, est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Une journée qui résonne tristement en Gironde, puisque le département a enregistré son 4ème féminicide de l’année la semaine dernière. Il s’ajoute aux 143 féminicides comptabilisés en France depuis le début de l’année 2025. Un nombre en hausse par rapport à 2024

Le Bassin d’Arcachon déplorait quant à lui le décès de Luciane en octobre dernier. Un décès qui avait fait réagir les associations d’aides aux victimes du territoire.

Rassemblement en hommage à Luciane le 18 octobre dernier à La Teste de Buch

Des violences qui persistent partout sur le territoire

Car derrière la carte postale, le Bassin d’Arcachon n’échappe pas à la dure réalité des violences intra-familiales, qui ne connaissent aucune frontière, et touchent tous les milieux sociaux. Sur le Bassin d’Arcachon, en 2023, l’association Solidarité Femmes Bassin a accompagné 148 femmes victimes de violences conjugales, venant de tout le pourtour du Bassin et du Val de L’Eyre.

47 % des victimes sont adressées à l’association via les services sociaux (CCAS), 19 % par la gendarmerie, et 34 % viennent après recommandation de l’entourage, d’Internet ou d’autres relais. Pour l’association, cette diversité des alertes montre que le public « se mobilise davantage, mais que les violences persistent fortement ».

1016 consultations à l’hôpital d’Arcachon

Ce constat de la persistance des violences est partagé par le centre hospitalier.

hopital - maternité urgence

Depuis 2021, la structure dispose d’une unité d’accueil de femmes victimes de violences. Cette unité à vocation à accueillir et écouter les femmes , proposer un suivi médical, une prise en charge psychologique et un accompagnement dans leur démarche. Depuis 2022, l’unité de victimologie comprend également une unité médico-judiciaire, habilitée à réaliser des examens dans le cadre d’une réquisition judiciaire.

En 2024, l’unité de victimologie a enregistré 1016 consultations. 360 ont été réalisées dans le cadre d’une réquisition judiciaire, et 212 victimes ont été reçues par un urgentiste, lors de leur passage aux urgences, pour faire établir un certificat coups et blessures. 

À noter que tous les examens médico-légaux relatifs à des violences sexuelles, ou concernant les mineurs, sont orientés vers le CHU de Bordeaux.

L’augmentation de ces chiffres et aussi le résultat d’une sensibilisation accrue de la population ces dernières années. En témoigne le docteur Carine Courtault, présidente de la CME (représentante des médecins) du CH d’Arcachon : « il y a quelques années encore, nous mêmes, les médecins, n’avions pas le reflexe de poser la question directement à certaines de nos patientes. Maintenant j’ose le faire et parfois il suffit simplement de poser la question pour que la parole se libère ».

Mais qu’en faire ? Une fois la parole libérée comment accompagner la victime ?

« Il est très important que de la même manière que les gendarmes et policiers sont formés à l’accueil des victimes, les professionnels de santé soient aussi sensibilisés pour le repérage des violences et l’accompagnement ».

C’est un des volets que développera le nouveau centre de formation continu de l’hôpital en direction des aides-soignant(e)s, infirmier(e)s et médecins de ville du territoire. « Il est essentiel de connaitre le cadre légal et les dispositifs de signalements et de savoir orienter la personne vers la bonne structure. « 

Accompagner « l’après »

C’est le travail que fait justement l’association Solidarité Femme Bassin qui dispose de 12 places d’hébergement. En 2023, 17 femmes et 7 enfants y ont été accueillis. La durée moyenne de séjour atteint 113 nuitées, signe que la reconstruction demande du temps.

L’intervention de Solidarité Femmes Bassin ne s’arrête pas à l’hébergement. Chaque femme bénéficie d’un accompagnement personnalisé :

  • soutien juridique et administratif,
  • aide aux démarches de logement,
  • accompagnement vers l’emploi.
  • soutien psychologique par des professionnels

Afin d’aider les femmes à se réapproprier leur corps, leur parole et leur estime d’elles-mêmes, l’association organise des ateliers collectifs. Plus de 70 participantes ont pris part en 2023 à des groupes de parole, de l’art-thérapie… Ces activités jouent un rôle essentiel dans la reconstruction, souvent qualifiée par les participantes de « souffle d’air » au milieu d’un parcours difficile.

Mais l’association rappelle que son action ne serait pas possible sans un réseau solide : gendarmeries, police, services sociaux, municipalités, structures associatives… oeuvrant ensemble pour protéger les victimes et faire reculer les violences. Même si les besoins sont encore importants pour répondre à la réalité du terrain.

Toute l’actualité du Bassin d’Arcachon sur ce lien

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