Privées d’une partie de leur couvert forestier après les incendies de l’été, les communes du SIBA doivent faire face à une autre conséquence du feu : l’augmentation des volumes d’eau qui ruisselleront vers les zones urbaines.
Lors d’une conférence de presse donnée ce lundi, Bruno LAFON, président du SIBA, a présenté les mesures engagées pour anticiper cet automne et renforcer, à plus long terme, la résilience du territoire face aux inondations.
Un pin peut absorber jusqu’à 150 litres d’eau par jour et environ 20 000 hectares de pins en âge d’absorber d’importants volumes d’eau ont brûlé. Leur disparition signifie donc davantage d’eau susceptible de ruisseler rapidement vers les fossés, les cours d’eau et, in fine, le Bassin d’Arcachon.
Dès le mois d’août, le SIBA a engagé un travail de cartographie des zones brûlées et une modélisation des volumes susceptibles de ruisseler. Ce travail permet d’identifier les secteurs les plus sensibles et de hiérarchiser les interventions. Parmi les priorités figurent notamment les zones où le taux de couverture forestière détruite en amont dépasse 80 %.
Le SIBA s’attend donc à ce que le réseau d’eaux pluviales soit fortement sollicité en cas de fortes pluies. D’autant plus qu’il agit comme un entonnoir vers le Bassin d’Arcachon. À titre d’exemple, sur la commune d’Audenge, 250 kilomètres de fossés forestiers rejoignent 65 kilomètres de fossés en zone urbaine.
Le SIBA entend donc agir sur l’ensemble du parcours de l’eau. Il ne s’agit pas seulement de l’évacuer le plus vite possible, mais de ralentir son cheminement en amont des zones urbaines.
Des mesures d’urgence pour cet automne
À court terme, le premier objectif est de maintenir les capacités d’écoulement existantes. Les fossés doivent être curés et entretenus afin de libérer les axes de drainage essentiels et d’éviter que certains secteurs sensibles ne soient davantage exposés. Trois entreprises ont été réquisitionnées pour intervenir rapidement sur les ouvrages publics.
En amont des zones urbaines, le SIBA mène un travail d’identification de zones pouvant servir de rétention à court ou moyen terme. Des parcelles communales ont déjà été identifiées ; des pares-feux pourraient également être sollicités.
L’occasion également pour le président du SIBA de rappeler que la mobilisation de chaque habitant compte plus que jamais : la moitié des crastes et fossés se situant sur le domaine privé. Aucune canalisation ne peut remplacer ce réseau naturel de drainage des eaux de pluie.


Restaurer les zones humides sur le long terme
Au-delà de l’urgence liée aux incendies, le SIBA défend un programme de restauration des zones humides (ReZHilience), engagé depuis plusieurs années. Le principe est de redonner au territoire une partie de ses capacités naturelles à stocker l’eau.
5 millions d’euros sont consacrés à ce programme, avec l’objectif de rallonger le chemin parcouru par l’eau et de ralentir son écoulement avant son arrivée dans les zones urbanisées. (Voir notre série dédiée.)
La priorité : la qualité de l’eau
La conférence de presse a porté sur un enjeu : la qualité de l’eau.
Depuis novembre 2022, 63 actions ont été identifiées dans le cadre du profil de vulnérabilité conchylicole du Bassin d’Arcachon. Ce travail, engagé à la suite de la crise de 2021, vise notamment à mieux prévenir les contaminations susceptibles d’affecter les activités conchylicoles.
Parmi les mesures déjà mises en place figurent le traitement bactéricide dans les stations d’épuration du SIBA, pour lutter notamment contre le norovirus, ainsi que l’accélération de plusieurs travaux sur les réseaux d’eaux pluviales en ville : 9 millions d’euros sont ainsi consacrés à ces travaux.
La sécurisation du réseau d’assainissement représente également un investissement majeur, avec 15 millions d’euros investis en moyenne chaque année.
Vers une « hypervision » du Bassin

Le SIBA prépare enfin une nouvelle étape avec un projet d’hypervision. L’objectif est de regrouper les données relatives à la submersion, à la pluie, aux nappes phréatiques et à l’écoulement afin de mieux prévoir les situations à risque.
Cet outil doit permettre d’identifier plus rapidement les zones sensibles et d’améliorer la réactivité en cas de crise, en mettant en commun les différentes données disponibles en temps réel.
Le projet est actuellement en consultation au niveau du SIBA.



