En 1962, le Cap Ferret est déjà devenu une destination de vacances prisée, mais la presqu’île est encore loin d’être le lieu cosmopolite qu’elle deviendra quelques décennies plus tard. Son peuplement demeure récent et sa population permanente reste modeste.
Sur les 2 170 personnes propriétaires d’une maison ou d’un terrain au Cap Ferret, seules 413 y résident à l’année. La grande majorité des propriétaires vivent donc ailleurs, principalement dans le Sud-Ouest. Cette origine géographique témoigne de l’importance de la clientèle régionale : trois propriétaires sur cinq sont girondins, et près d’un tiers sont Bordelais. Cette présence bordelaise rappelle combien l’essor de la presqu’île est étroitement lié au développement de la villégiature régionale. Le contraste avec le passé est saisissant.
En 1847, une dizaine de personnes seulement vivent sur la presqu’île.
Un peu plus d’un siècle plus tard, en 1962, le paysage humain a radicalement changé : on recense 1 762 habitants, tandis que la fréquentation estivale dépasse les 30 000 vacanciers. Le Cap Ferret est alors en pleine transformation. Les premières générations de villégiateurs ont ouvert la voie à un développement touristique qui ne cesse de s’accélérer. Pourtant, en 1962, la presqu’île conserve encore une dimension familiale et régionale. Derrière les chiffres se dessine un Cap Ferret à taille humaine, où les résidents permanents côtoient des vacanciers pour la plupart originaires de Gironde et des départements voisins.
Article de Isabelle Antonutti.
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