Histoire du Bassin : en 1935… les doux hivers arcachonnais

photo aerienne ancienne d'arcachon en noir et blanc

Janvier 1935 à Arcachon par Pierre Frondaie

« Voici janvier. Partout la neige, la tourmente, les âpres rigueurs de l’hiver. Mais Arcachon, sous un ciel verdi que traverse sans cesse le triangle des oiseaux migrateurs, ne nous a apporté que des journées tièdes et limpides. Les brouillards mêmes de la Lande, enroulés autour d’autres pins, n’ont pas osé venir s’accrocher aux branches solitaires des siens. Ici fleurit le calme et s’épanouit le repos. Où trouver pareilles forêts pour qu’y galopent les chevaux, sur un sol fluide et léger ? Où pareille absence de vagues méchantes pour que le yachting soit chez lui ? Où telles promenades à pied, profusion possible de terrains pour le golf, le tennis, la pelote basque ? Je vous le dis tout net : nulle part. Que manque-t-il à Arcachon ? Il y manque tout. N’est-ce pas merveilleux ? Tout. C’est-à-dire rien —puisqu’il reste tout à créer. Quoi. ? Lorsque tant de terres ingrates, de régions difficiles, sont lancées par la mode et la publicité, celle-ci demeure honnête et vierge. Ah ! s’il vous plaît, venez la prendre ! Venez si vous avez du goût. ! L’hiver, l’hiver doux et lumineux, sans brusqueries de l’atmosphère, l’hiver d’Arcachon devrait être la vraie saison de l’Europe. »  

Pierre Frondaie écrit ce texte dans l’opuscule du Cercle colonial. Poète, romancier et auteur dramatique, il est né à Paris en 1884. Son talent de jeune auteur dramatique et d’acteur est reconnu par Sarah Bernhardt, qui l’emmène dans ses tournées. Son roman, le plus célèbre L’Homme à l’hispano, est traduit en 15 langues, il est adapté en 1928 au Théâtre de la Renaissance et porté deux fois au cinéma, par Julien Duvivier et par Jean Epstein.

Pierre Frondaie est une figure pittoresque, sa vie personnelle est aussi romanesque que son œuvre. Il voyage beaucoup, réside entre Paris et Arcachon, fréquente assidûment la Côte basque et évolue au sein du beau monde et de la communauté artistique des Années folles. Il se marie quatre fois à des femmes indépendantes, hors du commun pour leur époque, mais il n’aura pas d’enfant. À partir de 1924, il loue à l’année la villa Les Sablines en Ville d’Hiver. Il met fin à cette location en 1945 seulement. En 1948, Frondaie meurt foudroyé par une crise cardiaque à Vaucresson (92). Son épouse, Maria Favella, reprend alors les rênes du Théâtre de l’Ambigu et se révèle une étonnante femme d’affaires. Elle léguera par la suite les archives de Pierre Frondaie à la Ville d’Arcachon.

Les autres éphémérides sur ce lien.

Article de Ia Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch. À retrouver sur ce lien : https://www.shaapb.fr/

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