Histoire du Bassin – 1883 : les prémices du métier de nourrice à Lanton

nourrice - photo noir et blanc

Les vacances sont finies et les bambins retournent chez leur nounou. Castagnède, femme Duvigneau est enregistrée dans le registre des nourrices, sevreuses et gardeuses établi par la mairie pour la protection des enfants du premier âge. Elle garde Roger Blanc, pour un salaire de 35 francs mensuel (159 euros), il est âgé de 17 mois et a été allaité.

Les « sevreuses et gardeuses » sous surveillance

La mise en nourrice constitue un mode de maternage et une activité économique répandus au fur et à mesure que l’emploi féminin augmente dans les milieux populaires.

Malheureusement, ce mode de garde entraîne une hausse de la mortalité infantile. Pour remédier à cette situation, une loi adoptée en 1874 rend obligatoire le suivi des nourrices. De fait, chaque gardeuse qui accueille chez elle un enfant pendant plus de 8 jours est tenue de se déclarer à la maire pour obtenir une autorisation. Elle est reçue par un médecin qui atteste de sa bonne santé. Il établit un certificat où il indique la composition du ménage, la profession du mari, les enfants à charge. Sa moralité est également vérifiée : « femme de bonne conduite, sa maison est bien tenue ». Aucun alcoolique notoire, aucune personne atteinte de tuberculose ou de syphilis ne doit cohabiter avec l’enfant.

Les gardes champêtres sont responsables de la surveillance des domiciles. Ils perçoivent une indemnité de 50 centimes lorsqu’ils découvrent une nounou non déclarée. Un rapport annuel avec l’état nominatif des enfants et des nourrices est remis à la préfecture de la Gironde.

Ces dispositions préparent l’ordonnance du 2 novembre 1945 qui crée les services de Protection maternelle et infantile et posent les premiers jalons du statut d’assistante maternelle. Le premier registre conservé aux archives de Lanton porte la date 1883 et cette pratique est toujours en vigueur en 1955, la dernière inscription concerne Roselyne, née le 7 avril 1955, sa mère est en maison de cure à la Pignada, elle est confiée à Colette (divorcée) qui vit avec ses parents et ses grands-parents.

Source archives mutualisées de la Coban (Lanton)

Les autres éphémérides sur ce lien.

Article de Isabelle Antonutti – Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch. À retrouver sur ce lien : https://www.shaapb.fr/

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