Histoire du Bassin : de vedette de music-hall à religieuse

portrait en noir et blanc d'une femme qui porte un turban sur les cheveux. Eve Lavalliere

L’Avenir d’Arcachon se souvient des séjours d’Ève Lavallière : « Elle a vécu au Pyla sur mer, à l’époque où ce ravissant coin de terre n’avait pas encore été enlaidi par l’arrivée de cet animal destructeur qui s’appelle le lotisseur. Je la vois encore en costume masculin, assise sur la plage, elle s’amusait avec son chien qu’elle couvrait de baisers. On devinait vite que c’était une femme passionnée. Elle fut une grande artiste pénitente. »

le destin d’une grande artiste pénitente

Eugénie Fénoglio (1866-1929) a un destin étonnant, elle fut vedette de music-hall puis comédienne de théâtre avant de devenir religieuse. Son nom de scène est Ève Lavallière, en souvenir de son premier métier de modiste (une lavalière est une Cravate large). Elle débute au Théâtre des Variétés où elle obtient vite de grands rôles et la renommée qui l’accompagne.

Elle est connue dans la France entière et même à l’étranger, aussi célèbre que Sarah Bernhardt. En 1917, elle tombe malade et elle quitte la scène. Une actrice au sommet de sa gloire qui abandonne sa carrière attire la foule des commentateurs. Ce départ anime tous les colportages de la capitale.

Ève a rencontré Dieu et elle entre en religion. Son passé tragique ne l’a jamais lâché. Son père, alcoolique et violent, s’est suicidé après avoir mortellement blessé sa mère d’un coup de revolver. Avant de se tirer une balle dans la tête, il avait visé sa fille, Eugénie, qui avait 18 ans. Elle cherche à oublier ce traumatisme dans la vie parisienne trépidante, mais la dépression la tenaille. Elle rêve d’embrasser une vocation religieuse, envisageant même de terminer ses jours dans un monastère. Malheureusement, personne ne veut l’accepter, car on suspecte que sa dévotion est feinte. Eve ne se décourage pas. Elle s’installe alors à Lourdes, où elle vit dans la pauvreté. Elle donne toute sa fortune (estimée à un million de francs) aux plus démunis.

Une histoire qui attise la curiosité

Finalement, elle devient sœur Ève-Marie du Cœur de Jésus, dans le tiers-ordre franciscain. Cependant, elle reste sous les feux de la rampe, attisant la curiosité maladive des journalistes, qui publient plus de 7000 articles sur son histoire. Après sa mort, plusieurs biographies lui sont consacrées et ses propres écrits sont édités notamment Ma conversion , qui témoigne de la profondeur de sa dévotion. Enfin, on reconnaît l’authenticité de sa foi.

Les autres éphémérides sur ce lien.

Article de Isabelle Antonutti – Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch. À retrouver sur ce lien : https://www.shaapb.fr/

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