Ephéméride // C’était en fév. 1818… De St Amans raconte le Bassin

Jean Florimond Boudon de Saint-Amans (1748-1831), historien, littérateur et naturaliste, se passionne pour la botanique et il entreprend un périple dans le Sud-Ouest. À son retour, il publie Voyage agricole, botanique et pittoresque dans une partie des landes de Lot-et-Garonne et de celles de la Gironde.

Au-delà de l’observation naturaliste, Saint Amans raconte aussi la vie quotidienne d’une région qui est alors mal connue et considérée comme « lointaine et hostile ». Il arrive sur le Bassin par Lamothe, il écrit : « Au passage de la rivière de Leyre, ce bois était rempli d’une immense quantité de bestiaux, sous la garde de quatre ou cinq bergers qui dormaient étendus sur l’herbe. Yosmunda regalis (fougère Osmonde royale) s’offrit à nous avec des dimensions gigantesques.

Plus loin, nous passons devant le Teich, séjour de l’ex-seigneur de la Teste et du dernier captal de Buch. Au-delà duquel nous voyons les dunes s’élever devant nous. Bientôt des maisons, des villages bien bâtis, où l’aisance paraît régner. À mesure que nous prolongeons le bassin ou la baie d’Arcachon, ici, ce n’est plus la terre, c’est l’océan qui devient l’objet de toutes les spéculations industrielles ou commerciales ; ici c’est l’onde infidèle, qui réunit tous les peuples.

Gujan est un gros village qui renferme de quinze cents à deux mille habitants. Ce bourg offre l’air d’aisance et d’activité que produisent partout le commerce et l’industrie. Son église, spacieuse et belle, est divisée en trois nefs, et surmontée d’un clocher qui l’annonce au loin dans la campagne.

Ici, les hommes, exclusivement occupés de la pêche ou de la navigation, comme tous ceux des environs, laissent aux femmes la culture des terres. On y recueille un peu de seigle, de millet, et quelque peu de vin médiocre, c’est tout ce qu’on doit attendre de ces bras délicats qui n’étaient point faits pour les rudes travaux de l’agriculture. Le reste de ce territoire consiste, vers l’ouest, en prés salés sur le bord, à l’est, ce sont des landes ; au midi, ce sont encore des landes qui se prolongent jusqu’au quartier de Cazeaux. »

Article de Isabelle Antonutti – Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch

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