Ephéméride // 1er juin 1834 : Création du Canal des Landes

©Larrousiney

Les routes étant de très mauvaise qualité, l’État encourage toute construction pour développer le transport par voie d’eau. L’avocat bordelais, Boyer-Fonfrède, obtient une concession le 1er juin 1834 pour bâtir un canal entre le Bassin d’Arcachon et l’étang de Mimizan. Il fonde la Compagnie d’exploitation et de colonisation des Landes de Bordeaux et lance les travaux.

Le canal s’allonge sur 14 kilomètres, il comprend 7 écluses et il permet l’acheminement de marchandises, essentiellement du fer, pour desservir les usines et les forges. Il fallait payer 3,20 francs de péage pour 1 000 kg. Le tonnage annuel transporté était en moyenne de l’ordre de 7 000 tonnes assurant une recette de 22 000 francs. Mais ces recettes sont insuffisantes pour couvrir les frais.

Le canal s’ouvre alors au tourisme en 1845. Un espace de loisir est installé à La Hume où un bateau propose des promenades le dimanche vers l’étang de Cazaux. La rentabilité reste précaire et la concurrence du train vient ébranler les potentiels de la navigation fluviale.

En 1853, la ligne de Bordeaux est prolongée vers Bayonne et elle monopolise le transport de marchandises. Aucune complémentarité n’est envisagée, les industriels accaparent leur marché sans imaginer des passerelles entre la route, le canal et le train : chaque dispositif se construit contre les autres. Le chemin de fer sort victorieux de cette concurrence.

L’ensablement et la prolifération des plantes aquatiques achèvent la structure qui cesse toute navigation vers 1860. Le canal est aussi utilisé comme irrigateur dans une éphémère exploitation rizicole. Il sert ensuite comme lavoir par les blanchisseuses des hôtels d’Arcachon. Pendant la Seconde Guerre mondiale, pour contrer une invasion, les Allemands conçoivent un système d’inondation à partir des écluses qui sont remplacées par des barrages palplanches. Le canal des Landes, appelé aussi canal de la Hume ou d’Arcachon a été finalement converti en parcours de santé sur 4 kilomètres de halage.

Article de Isabelle Antonutti – Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch

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