Le 30 Juillet 1895, le journaliste Mery s’insurge contre les dates de vacances scolaires dans le quotidien La France de Bordeaux et Sud-Ouest
« Les professeurs sont exténués et les élèves attendent l’heure de la liberté. Ils ne travaillent plus. Ils rêvent de claire horizon par-delà les murailles du collège. Ah ! qu’il est dur, alors que la canicule souffle de se pencher sur les cahiers et les livres en écoutant une leçon. Quand viennent les chaleurs du mois de juillet, il est difficile de travailler dans les écoles. Un tableau lamentable s’offre à vos yeux si vous visitez une école, les élèves se traînent sur les bancs de la classe. Ils n’écoutent plus la leçon du maître et n’ont même plus la force de faire enrager le surveillant à l’étude. Ceux qui préparent un examen ont des mines patibulaires. Ceux qui n’ont rien à faire que le devoir journalier s’endorment sur leur pupitre. La salle est surchauffée, l’atmosphère tiède. Voilà ce que l’on voit dans nos lycées, dans nos collègues, quand viennent les fortes chaleurs d’été. Le simple bon sens indiquerait de mettre la clé sous la porte. »
Vers une harmonisation des dates de congés scolaires
Depuis 1890, les grandes vacances commencent généralement au début du mois d’août. Les établissements secondaires ferment souvent vers le 1er août après les examens, tandis que les écoles primaires peuvent varier selon les départements. Cette souplesse est héritée des règlements du XIXᵉ siècle. Les préfets disposent d’une marge d’appréciation, notamment pour tenir compte des réalités locales. Les vacances durent généralement huit semaines. Le grand tournant intervient en 1938. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean Zay, harmonise les vacances d’été sur l’ensemble du territoire avec la fin des classes au début de juillet avec une rentrée à la fin septembre. Cette réforme porte les vacances à environ dix ou onze semaines.
Article de Isabelle Antonutti.
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