Urbanisation du littoral et érosion côtière : la tribune de la députée Sophie Panonacle

La députée de la circonscription d’Arcachon, Sophie Panonacle est responsable du Groupe de travail littoral à l’assemblée Nationale. Elle publie cette semaine une tribune co-signée par 16 autres député(e)s afin d’attirer l’attention sur les enjeux de l’érosion côtière que connait notre territoire.

« Urbanisation du littoral et érosion côtière ne font pas bon ménage.

La loi littorale de 1986 a permis de protéger des territoires fragiles et pourtant si convoités. Elle n’avait pas prévu que des attaques viendraient de la mer et des océans. Il y a 32 ans, nous étions loin d’imaginer que nos côtes subiraient avec autant de rapidité et de violence les assauts des événements climatiques.

A l’heure où l’on s’interroge sur les conséquences du réchauffement climatique n’est-il pas urgent de se préoccuper de l’érosion côtière de nos littoraux ? N’est-il pas urgent de légiférer sur de nouvelles stratégies locales d’aménagement intégrant le phénomène de recul du trait de côte ?

Depuis une année, notre « groupe de travail Littoral » à l’Assemblée Nationale a exprimé ses craintes sur les conséquences de l’érosion côtière pour nos territoires littoraux. Nous avons acquis la conviction que nous devons agir maintenant. Nous sommes impatiemment attendus par les élus et les populations littorales.

Cette attente est légitime au regard d’une situation qui ne cesse de s’aggraver : les côtes sableuses et rocheuses, de l’hexagone et de l’outre-mer reculent inexorablement.

Ne pas classer l’érosion côtière, au même titre que la submersion marine, dans la liste des risques naturels majeurs, a pour conséquence d’exclure les biens menacés d’une indemnisation par le fonds Barnier. Eliminer de l’indemnisation les biens affectés par le recul du trait de côte, au seul prétexte qu’ils ont été érigés sur les côtes sableuses, a-t-il du sens ? Opposer côtes sableuses et côte rocheuses respecte-t-il le principe d’égalité des Français devant la loi ?

Nous comprenons que s’engager sur la voie de la sollicitation systématique du « fonds de prévention des risques naturels majeurs » représente un enjeu financier important. Alors, posons sans détours le débat, devant la représentation nationale : le recours exclusif à la solidarité nationale par le système assurantiel doit-il être la règle ou une autre alternative est-elle possible ?

Gardons à l’esprit, qu’évincer l’érosion côtière de la liste des risques naturels majeurs aurait pour conséquence de l’exclure des Plans de Prévention des Risques Littoraux. Pas de risque, pas de plan, pas d’argent pour prévenir le risque.

Si l’érosion côtière n’est pas un risque, alors c’est quoi ?

Le Premier Ministre nous a informés qu’il a confié une mission à l’Inspection Générale des Finances, à l’Inspection Générale de l’Administration et au Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable. L’objectif est de mesurer l’incidence financière provoquée par l’érosion côtière à court, moyen et long terme. Les résultats et les préconisations de ces services nourriront notre réflexion.

Il faut poursuivre le travail déjà engagé dans le cadre de la proposition de loi visant à répondre aux situations d’urgence provoquées par le recul du trait de côte et à proposer des dispositifs d’aménagement adaptés aux zones concernées.

Ce texte de loi doit fixer un cadre juridique en définissant le phénomène naturel. En le localisant dans l’espace. En le projetant dans le temps. En l’intégrant dans les documents d’urbanisme. Cette première étape accomplie, proposons des outils pour élaborer et mettre en œuvre des stratégies locales en cohérence avec la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte. Enfin, parachevons notre travail législatif en apportant les financements nécessaires. Anticipons, donnons les moyens de protéger et, ou, de relocaliser les biens, les personnes et les activités.

 

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Amandine
Amandine
4 années il y a

Je pensais lire un article sur la protection du littorale, mais à priori, Madame Panonacle cherche juste à faire en sorte que ses amis qui ont construit en bord de mer soit indemnisés en cas d’érosion massive…

MAGIQUE!