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Éphéméride / C’était en octobre… quand le résinier barrasque

En octobre 1900, le résinier barrasque

À partir d’octobre, le résinier attaque la dernière récolte de l’année, elle se nomme le barrasquage. Il racle la résine durcie autour de la care. La care est l’entaille faite à l’arbre pour l’écoulement de la résine. Ce liquide visqueux, sécrété par tous les conifères en réaction aux agressions extérieures (maladie, blessures par les animaux, outils tranchants). Elle sert de cicatrisant en couvrant la plaie d’une croûte blanchâtre.

En avivant régulièrement cette plaie, le gemmeur entretient l’excrétion qui coule dans le pot à résine. Il finit la saison en prélevant le barras, une gemme durcie. Il utilise un outil nommé le barrescot et recueille le barras sur une grande toile étendue au pied du pin, puis le porte dans la barrique où elle est mélangée à la résine molle. Le produit est moins bon et moins riche parce que l’essence est moins abondante à l’arrière-saison.

Après la récolte, la résine est vendue à des industries chimiques pour être distillée. En deux substances : la térébenthine et la colophane ou le brai. Elles servent à la fabrication des vernis, parfums, matières pharmaceutiques (camphre, éther), savonnerie, huile industrielle, linoléum, cirage…

Le résinier n’est pas possesseur des pins dont il s’occupe. Il est payé en général sur la moitié de la vente de la résine, l’autre partie étant pour le propriétaire qui fournit le matériel notamment les pots de résine et une cabane pour abriter le gemmeur et sa famille en forêt. Un gemmeur exploite avec sa femme huit à neuf mille pins ou plutôt huit à neuf mille cares.

Article de Isabelle Antonutti / Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch