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Éphéméride // C’était en mars : Léonard Tsuguharu Foujita séjourne au Pyla

Le peintre Léonard Tsuguharu Foujita (1886–1968), qui fut dans les années 1920 l’un des artistes les plus en vogue de l’École de Paris, est parti au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale et il s’implique dans le régime militaire en devenant un peintre officiel.

En 1946, Foujita veut revenir en Europe, il retrouve à Tokyo son ami, Georges Grosjean, reporter géopolitique. Le journaliste, gaulliste, résistant, plaide sa cause auprès des autorités et réussit à lui obtenir un visa pour la France au bout de trois ans. Juste après son arrivée au Havre, en mars 1950, Foujita part pour Le Pyla dans la maison dite la Bécassière où il est accueilli par la famille de Georges Grosjean.

Il reprend sa carrière et mène une vie laborieuse, sereine et retirée du monde. Foujita vient régulièrement sur le Bassin, il apprécie la paix, et y passe des moments simples et heureux. Il pêche, marche, bricole, raconte des histoires, confectionne un théâtre de marionnettes et bien sûr il peint. Il orne les murs de fresques et réalise le portrait du journaliste.

Cette maison rustique est revendue et certaines œuvres sont détruites à la suite de travaux. Une étonnante création, une Vierge à l’enfant, a été sauvée. Maternité à la barque ou Bazoo est une fresque à l’aquarelle et à la mine de plomb sur briques creuses, elle fut dessellée du mur et vendue aux enchères. Elle est datée de 1952, elle mesure 154 de haut et pèse 200 kg.

Foujita a toujours été inspiré par des sujets religieux en stylisant à sa manière les primitifs, les imagiers du Moyen Âge ou l’art d’Amérique latine. Il reste athée avant de se convertir au catholicisme suite à une illumination mystique en 1959, il choisit pour prénom de baptême Léonard en hommage à Léonard de Vinci.

Avant-guerre, ses thèmes de prédilection étaient plutôt les femmes, les chats et l’autoportrait. Sa peinture demeure originale. Même s’il fut un grand ami des cubistes, il a développé une œuvre figurative, avec un trait précis, qui mélange les influences, de l’art de l’estampe à la sculpture grecque.