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Éphémérides // c’était un 13 juin… les fouilles commencent à Andernos

En juin 1902, le Conseil municipal d’Andernos décide de désaffecter le cimetière paroissial placé à côté de l’église Saint Eloi. Au cours des fouilles effectuées pour l’exhumation des corps, des substructions d’une partie d’un monument gallo-romain sont mises à jour.

Le 13 juin, la société d’archéologie est informée et une subvention est accordée pour lancer les fouilles. Dès 1850 un maçon avait découvert une mine de pierres blanches au sud-est de l’église et ces blocs taillés ont été largement utilisés pour diverses constructions. Le Comte Aurélien de Sarrau, archéologue amateur, se passionne pour le chantier.

Les vestiges ont les apparences d’une basilique gallo-romaine, ce qui révèlerait la trace d’un groupement de chrétiens dès les premiers siècles. Ces recherches sont d’un grand intérêt pour l’art, l’histoire et la géographie. Toutefois, les fouilles ne sont pas très organisées et des visiteurs, touristes, curieux, collectionneurs fréquentent le site et emportent des pièces. Un sarcophage monolithe de plusieurs quintaux sera retrouvé dans une propriété privée voisine. Les budgets manquent et les fouilles sont arrêtées. Le lieu est recouvert de grilles.

En 1932, le service des Bâtiments de France classe le site Monument historique avec un panneau qui mentionne « Basilique gallo-romaine découverte en 1903 ». Des sondages continuent, de nouveaux objets sont trouvés comme un chapiteau corinthien, des médailles, des fragments de poteries antiques et paléochrétiennes, des monnaies, des verres, des morceaux de colonnes de marbre. Toutes les pièces sont conservées au musée municipal. Des études reprennent et la première théorie est finalement remise en cause. 90 ans après sa découverte, les chercheurs pensent qu’il s’agit d’une villa ou un palais construit au IVe siècle. Un inventaire global se déroule en plusieurs sessions. En 2007, le site est adapté et réhabilité pour une ouverture au public. Il reste encore des questions sur l’illustre propriétaire de cette villa.

Article : Isabelle Antonutti, Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch

Photo : Bernard Eymeri